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Les enjeux d’une présidentielle en Mauritanie

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La campagne électorale pour l’élection présidentielle en Mauritanie va démarrer le 14 juin prochain pour 2 semaines, avec en ligne de mire une possible seconde alternance démocratique depuis son indépendance, où la réélection de Mohamed Ould El Ghazouani candidat à sa propre succession.

La campagne électorale pour l’élection présidentielle en Mauritanie va démarrer le 14 juin prochain pour 2 semaines, avec en ligne de mire une possible seconde alternance démocratique depuis son indépendance, où la réélection de Mohamed Ould El Ghazouani candidat à sa propre succession.

D’ici là les états-majors peaufinent leurs stratégies, aussi bien du côté de la « mouvance présidentielle », c’est le terme consacré aujourd’hui pour désigner les coalitions autour du parti du président ou de sa personne elle-même. Pour le cas précis de la Mauritanie, on y retrouve à côté du parti du président lui-même, El Insaf et les autres partis de l’ancienne opposition radicale, comme le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) de Ahmed Ould Daddah et l’Union des Forces du Progrès (UFP) de Mohamed Ould Maouloud, mais aussi d’autres forces qui ont rejoint le « Pacte républicain ».

En face, le candidat Biram Da Abeid, militant des droits de l’Homme arrivé 2ème à l’élection présidentielle de 2019, reste pour l’instant le principal challenger du président sortant, à côté de Hamadi Ould Sid’El Moctar, du parti islamiste Tawassoul. L’ancien Président Mohamed Abdel Aziz, quant à lui, condamné à 5ans de prison pour enrichissement illicite, a vu sa candidature invalidée par le Conseil Constitutionnel pour défaut de parrainage.

D’aucuns y ajoutent, que la Constitution elle-même, suivant une interprétation qui prête à contestation, qu’il lui est impossible d’être rééligible 2 fois de ce point de vue ses deux mandats antérieurs le disqualifient. Quoiqu’il en soit le défaut de parrainage en soi, lui ferme les portes de la candidature.

C’est dire donc, que les jeux ne sont pas aussi ouverts que ça, même avec les 7 candidats retenus sur la liste rendue publique par le conseil constitutionnel mauritanien le 20 Mai 2024.

La bataille se fera autour d’un trio dont le favori sera certainement El Ghazouani.

En revanche les enjeux seront très importants au regard du contexte dans lequel ces élections vont se dérouler, notamment avec l’exploitation prochaine du Pétrole et du Gaz en particulier la mise en service du gazoduc « grand Tortue Ahmeyim », mais aussi de la question sécuritaire tout autour de la Mauritanie.

De plus la Mauritanie avec son vaste territoire est aujourd’hui une destination prisée pour les investissements dans le domaine de l’hydrogène vert. En effet, la disponibilité de l’énergie solaire et éolienne lui permet de produire jusqu’à 8 millions de tonnes d’hydrogène vert par an, ce qui fait de la Mauritanie un centre énergétique de plus en plus important. Cet élément pourrait constituer « un bol d’air » important, si l’on sait que la Mauritanie fait face à un défi de l’inégalité sociale, qui sera crucial pour le prochain président.

Si on y ajoute, la présidence en exercice de l’Union Africaine, qui confère un leadership certain au Président Ghazouani, on peut aisément comprendre l’enjeu pour lui d’obtenir un second mandat, d’autant que la Constitution Mauritanienne ne fixe pas de limite d’âge aux candidats dès lors qu’ils ont 40 ans échus

L’opposition qui encore une fois, est allée en rangs dispersés, et qui, prise individuellement n’a pas une présidence territoriale complète, laisse un terrain favorable à la mouvance présidentielle, qui selon les spécialistes dispose dès le départ d’une prime du candidat sortant que l’on situe globalement entre 20 et 30% des voix et d’une large coalition.

L’après Ghazouani se joue-t-il avec cette élection de 2024 ? Assurément OUI, car Ghazouani est à son second et dernier mandat aux termes de la Constitution. Mais il aura 5 ans s’il est réélu pour préparer sa succession ou pour organiser comme certains de ses homologues, son maintien au pouvoir à la faveur d’une révision constitutionnelle.

Dans l’un comme l’autre cas, des candidats comme Biram Dah Abeid, fervent militant anti esclavagiste, et Hamadi Ould Sid’el Moctar de « Tawassoul » seront  en embuscade.

Le débat sur l’après El Ghazouani ne manquera pas de se poser durant la période pré et post-électorale. Il va sans dire que les premiers actes qui seront posés nous permettront de voir plus clair sur trajectoire démocratique que la Mauritanie a empruntée.

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