Perspective et Enjeux d'Afrique

Ouverture à Lomé de la 12ème réunion des comités régionaux de pilotage de la CEDEAO

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Dr Konlani Dindiogue, directeur de cabinet du ministère en charge de l’agriculture du Togo, a procédé à l’ouverture officielle de la 12ème édition des comités régionaux de pilotages (CRP) des projets et programmes mis en œuvre dans le cadre de l’ECOWAP ce lundi 20 février à Lomé. Cette rencontre de haut niveau permettra de faire une analyse rigoureuse de la mise en œuvre des principaux projets et programmes de l’ECOWAP d’une part et d’autre part de dégager des perspectives pour les prochaines années.

Du 20 février au 3 mars, des présentations et discussions permettront aux participants de valider les rapports d’activités de 2022 de chaque projet ou programme ; valider les propositions de plans de travail et le budget annuel (PTBA) de 2023 de chaque projet ou programme ; apprécier l’état de mise en œuvre des recommandations des comités de pilotage de 2022 ; construire des synergies, convergences et complémentarités entre les projets/programmes intervenant dans la même thématique.

La CEDEAO s’est dotée d’une politique agricole et actuellement, une vingtaine de projets sont en cours et couvre tous les pays de la sous-région de la CEDEAO en plus du Tchad et la Mauritanie. Ils couvrent neuf thématiques qui sont entre autres i) élevage et pastoralisme ; ii) pêche et aquaculture ; iii) productivité et compétitivité agricoles ; iv) adaptation au changement climatique et agroécologie ; v) environnement, forêt et conservation de la biodiversité ; vi) gestion des pesticides, lutte contre les ravageurs des plantes et SPS ; vii) résilience, sécurité alimentaire et nutritionnelle ; viii) employabilité des jeunes ; et ix) renforcement des capacités institutionnelles et organisationnelles.

Selon Mme Massandjé TOURE-LITSE, commissaire des affaires économiques et de l’agriculture à la commission de la CEDEAO, les parties prenantes aux comités de pilotage des projets ont recommandé la nécessité pour les quatre institutions régionales à savoir la CEDEAO, l’UEMOA, le CILSS et le CORAF de promouvoir davantage les synergies institutionnelles et le travail collaboratif dans le cadre de la mise en œuvre des projets et programmes régionaux de l’ECOWAP et ce pour une meilleure convergence et appropriation.

Elle a rappelé que le contexte actuel des crises alimentaires ne laisse autre choix que de travailler en synergie avec tous les partenaires et intervenants pour assurer une meilleure efficacité dans la mise en œuvre des projets et programmes dans l’espace CEDEAO/CILSS.

Kako Nubukpo commissaire chargé de l’agriculture à l’UEMOA est optimiste quant à la nécessité de travailler main dans la main pour venir à bout des préoccupations auxquelles la région est confrontée. Il a saisi l’occasion pour rappeler quelques activités prévues à l’agenda de l’UEMOA pour 2023 notamment le comité de haut niveau sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

« La pauvreté et l’insécurité alimentaire restent encore des défis à relever dans notre région malgré les efforts des Etats et des partenaires techniques et financiers à travers les projets et programmes régionaux », a déploré Dr Abdoulaye Mohamadou, Secrétaire exécutif du CILSS. Pour sortir de cette situation, le patron du CILSS met l’accent sur l’opérationnalisation d’un processus qu’il anime, le nexus Humanitaire-Développement-Paix pour prendre en compte l’enchâssement des domaines de l’action publique et s’assurer de la cohérence et de la synergie entre les différents acteurs.

Les partenaires techniques et financiers de la CEDEAO attendent beaucoup de cet exercice a confié Mme Zolika Bouabdallah, cheffe de fille des partenaires.  Elle souhaite qu’il y ait une revue sur les projets prioritaires en cours et avoir un retour d’expérience positive pour pouvoir améliorer les projets. Elle a conclu sur la nécessité d’assurer l’efficacité des financements disponibles et de la concertation entre les partenaires et les acteurs régionaux et nationaux.

En ouvrant les travaux de cette rencontre, M. Konlani a remercié les organisateurs d’avoir choisi Lomé pour abriter cette réunion. Selon lui la mise en œuvre des différents projets et programmes de la CEDEAO à travers sa politique agricole contribue au renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Malgré un contexte sécuritaire et sanitaire menacé, la CEDEAO a redoublé les efforts pour soutenir les Etats dans la mise en œuvre de leur politique agricole.

Au Togo, « nous avons insisté sur des projets à dimension régionale notamment le pastoralisme, le défi du changement climatique », a souligné M. Konlani.

La politique agricole du Togo contenue dans la feuille de route 2025 est alignée sur la politique agricole de la CEDEAO.

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Nécessité de travailler en synergie

Près de 28,9 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire dans l’espace CILSS/CEDEAO, révèlent les résultats du Cadre harmonisé présentés en décembre 2022 au cours de la réunion du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA). Plus que jamais, dans un contexte de crises alimentaires (crise sécuritaire et sanitaire, changement climatique, dégradation continue des terres cultivables, raréfaction des ressources, conflit russo-ukrainien, etc) ; il devient plus qu’urgent de conjuguer les efforts et mutualiser les ressources pour mieux assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations de l’espace CEDEAO / CILSS.

A la commission de l’UEMOA, Prof Kako Nubukpo se félicite de la recherche de synergie, de convergence institutionnelle et une meilleure coordination des interventions entre la CEDEAO et l’UEOMOA depuis la mise en place en 2001 de la politique agricole de l’UEMOA, du Cadre stratégique de sécurité alimentaire durable en 2002 pour le CILSS et de l’ECOWAP en 2005 pour la CEDEAO.

Ces décisions appellent une évidente obligation de concertation pour une convergence, sinon intelligente complémentarité, et des valeurs agricoles ajoutées réelles et tangibles.

Avis partagé par la directrice de l’AFD, cheffe de file des partenaires techniques et financiers qui estime que la coordination est nécessaire à l’efficacité des programmes mis en place par les bailleurs. Pour elle, les comités de pilotage seront un outil pour favoriser cette meilleure coordination et en renforçant les synergies de nature opérationnelle parmi les différents appuis à la mise en œuvre de l’ECOWAP.

Anderson AKUE

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