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Togo : Le cauchemar des revendeurs de légumes

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Le problème de conservation des fruits et légumes ne cesse de se poser chez les commerçantes des divers marchés de la capitale togolaise et de l’intérieur du pays. Beaucoup de ces produits amoindris et au bord de la pourriture, soufrent sur des étalages, exposés et souvent vendus au rabais, comme un bradage.

Chaque jour, ce sont des tonnes de légumes qui pourrissent et qui sont irrécupérables pour défaut de conservation. Dans les marchés, vendeurs et vendeuses s’arrangent comme ils peuvent, pour conserver leurs produits. « Les tomates, bananes et légumes que vous voyez sur mon étalage se gâtent vite et toujours », explique Da Afi revendeuse au marché périphérique de Totsi.

Au Marché aux fruits d’Atikpodji, au centre-ville de Lomé, dame Catherine décrit la situation de mévente qui brise l’espoir des femmes revendeuses qui s’y trouvent. « Ce n’est pas du tout facile de conserver nos produits, surtout en ces temps de crise où les clients n’achètent plus beaucoup. Et il y a que les légumes sont produits à base d’engrais. Avant, on pouvait conserver les choux pendant une semaine, mais de nos jours c’est deux ou trois jours au plus, et ça commence à pourrir dans les sacs. Quand on les étale sur le sol c’est mieux, mais pas pour longtemps ».   

Manque de contrôle de la qualité des produits ?

Les légumes sont fragiles avec la chaleur. « Ceux qui pourrissent les premiers sont les tomates, les épinards, salades, choux, carottes, concombres et aubergines« , disent les revendeuses qui pensent que l’utilisation abusive des produits chimiques dans la production de ces organismes végétaux utilisés couramment dans les plats des familles. Pour ces femmes, « ces produits se conservaient naturellement ; l’engrais était moins fort et les légumes se portaient mieux« .

De nombreuses commerçantes ont des difficultés à conserver la fraicheur de leurs fruits et légumes depuis leur transport, en raison du manque de moyens appropriés de préservation de qualité.

« Je pense que ce sont les choses de OGM qui font ça, alors que ces légumes bien présentables ne durent pas« . Autrefois, ce n’était pas le cas ; aujourd’hui, ce sont les produits chimiques des engrais qui font ça », estime Antoinette D, une des responsables du marché aux fruits d’Atikpodji pointant la mévente qui pousse à l’abandon des produits détériorés destinés aux poubelles.

S’il y en a qui vendent à vils prix leurs produits, à cause de pertes, un credo existe cependant chez toutes les commerçantes. « Mieux vaut jeter que de vendre ; nous perdons ; c’est le commerce, car on ne peut pas ramasser pour donner aux gens ». Habituellement, ce sont les légumes locaux qui inondent les marchés de Lomé, la capitale et sa banlieue.

Résoudre les problèmes de conservation 

En dehors des grandes surfaces et des supermarchés où les légumes importés sont conservés au frais, ceux des marchés classiques subissent les conditions habituelles de conservation à l’air libre ou à l’ombre. Le client accordant beaucoup plus d’importance à la fraicheur et à la durée de conservation des légumes et de fruits, « de vrais comptoirs avec des magasins appropriés de stockage, peuvent être une solution« , propose Jean-Paul Nouvi, cadre de banque qui fait observer que « c’est par manque de stockage et de conservation que la tomate est par exemple vendue à prix d’or aujourd’hui« .

Une seule tomate digne de ce nom est vendue à 100 FCFA et le sac à 60 000 FCFA. Les fruits et légumes sont promenés partout sur la tête des femmes ou jeunes filles, présentés dans des bassines, exposés sur des étals dans les marchés, sur le bord des routes ou un coin de trottoir, à la devanture des maisons, etc. Il s’agit de productions nationales et importées de pays voisins.

Marie-Hélène

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