Perspective et Enjeux d'Afrique

KAS, Floraison et MDH en sensibilisation pour l’accès de la femme à la terre

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Une tournée de sensibilisation sur « Genre et foncier : rôle de la femme dans le renforcement de la sécurité alimentaire au Togo » s’est déroulée du 26 au 28 décembre 2022 respectivement dans les régions de la Kara et Maritime. Initiée par l’ONG Floraison en collaboration avec Mobilisation pour le développement humain (MDH) et l’appui financier de la fondation Konrad Adenauer Stiftung (KAS), cette sensibilisation vise à informer les communautés sur la nécessité que la femme ait accès à la terre au même titre que les hommes pour contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire.

Dans la région Maritime, l’équipe de sensibilisation, conduite par Mme Claire Quenum, coordinatrice de l’ONG Floraison et les Honorables députés Atikpo et Nomagnon, a sillonné les villages de Kégboé, Kovéto et Sévagan dans la préfecture de Vo. Tsévié et Gbatopé dans le Zio, et Tchékpo Dédékpo dans la préfecture de Yoto.

Les femmes jouent un rôle prédominent dans l’agriculture familiale. Elles sont présentes sur toute la chaine à savoir de la mise en terre des plants jusqu’à la commercialisation et à la transformation. Malheureusement, elles n’ont pas accès à la terre au même titre que les hommes. Du coup, les différents efforts faits par ces dernières profitent plus aux hommes. Le projet « Genre et foncier : rôle de la femme dans le renforcement de la sécurité alimentaire au Togo » veut apporter une solution pour l’autonomisation de la femme en milieu rural et une contribution à l’atteinte de la sécurité alimentaire.

« L’homme et la femme sont des êtres humains ; c’est la femme qui donne naissance aussi bien à l’homme qu’à la femme. Ils sont égaux devant la loi. Dans la gestion de la terre, les hommes abusent de leur autorité et privent les femmes de jouir de la terre. Qui sont ceux qui pratiquent le maraichage ? Ce sont les femmes dans la plupart des cas. Ne devraient-elles pas avoir accès à la terre pour cultiver ? Pourquoi les priver de la terre ? Si les femmes n’ont pas accès à la terre, n’allons-nous pas vers une éventuelle famine ? C’est pourquoi KAS estime que pour lutter contre l’insécurité alimentaire au Togo, il faut permettre aux femmes d’avoir accès à la terre pour cultiver et que les fruits de cette récolte profitent à tout le monde pour tendre vers la sécurité alimentaire », a expliqué Mme Claire QUENUM, coordinatrice de l’ONG Floraison.

Selon elle, les choses changent et le pays s’est doté de lois qui attestent que la femme et l’homme sont tous des êtres humains et jouissent donc des mêmes droits. L’homme et la femme ont la même dignité et héritent des mêmes avantages. Si la logique des grands parents respectaient certaines normes, cela n’est plus le cas aujourd’hui. Les hommes et les femmes sont appelés à travailler ensemble pour l’épanouissement des familles et de la communauté. Pour que le message atteigne une grande partie de la communauté, il est important de mettre à contribution les chefs de village et le service des affaires sociales pour l’intensification des sensibilisations.

« Les textes et lois en vigueur visent à apporter la paix et l’harmonie au sein des communautés. Le gouvernement s’est rendu compte que les litiges fonciers divisent les familles. C’est pour cela qu’il a adopté ces lois pour permettre le renforcement de la cohésion nationale et le développement harmonieux. Notre souhait, c’est que chaque togolais ait un accès équitable à la terre et manger  à sa faim », a précisé Mme QUENUM.

Avis partagé par les Honorables députés qui donnent un cachet spécial à cette sensibilisation dû à leur titre d’élu. 

« Nous sommes à leur disposition au cas où les chefs de village ne parviennent pas à trouver une solution à leur problème », a indiqué l’Honorable Nomagnon Akossiwa Gnonoufia, député de Zio.

« Il y a eu des hommes présents à cette séance et nous avons parlé avec eux pour avoir un compromis. Les hommes ont compris que si les femmes ont accès à la terre, ça va aussi dans leurs intérêts. Plus les femmes auront accès à la terre, plus nous tendrons vers une sécurité alimentaire », a-t-elle ajouté.

La faible vulgarisation de l’arsenal juridique et des textes existants ne favorise pas l’épanouissement des femmes.

« Nous, les femmes, sommes exploitées. Lorsque nous voulons aller sur les terres, nous recevons des menaces. Certaines femmes ont été envoûtées, d’autres ont été malade et les moins chanceuses ont perdu leur vie. Nous ne comprenons vraiment rien », a déploré Mme GAVON Abla Jeanne, membre du comité de suivi CVD Gbatopé (préfecture de Zio).

Elle se réjouit que la sensibilisation va leur ouvrir les yeux et leur rappeler qu’elles ont droit d’hériter du côté paternel, maternel et du côté de leur époux.

« Nous remercions les valeureuses mamans qui nous ont sensibilisé et éveillé notre conscience sur le droit d’accès à la terre au même titre que les hommes. La jouissance de ce droit nous permettra d’être autonome et de subvenir aux besoins de la famille. Que la communauté comprenne aujourd’hui que les femmes ont les mêmes droits d’accès aux biens des parents et surtout l’accès à la terre. Une fois de retour dans mon milieu, je partagerai avec mon entourage l’information reçue et je vais les informer sur les voies de recours en cas d’injustice », a ajouté Mme GAVON.

La chefferie a un rôle déterminant dans cette lutte pour l’accès des femmes à la terre. De leur engagement, se renforcera l’espoir des femmes.

« En tant que homme, nous devons nous approprier le message et aider les femmes à jouir de leurs droits pour être plus épanouies et autonomes. Nous acceptons mettre en œuvre l’essentiel du contenu du message pour aider les femmes à jouir de leurs droits. La chefferie mettra tout en œuvre pour cela », a expliqué pour sa part DOGNRAN Kossigan, secrétaire du chef DOGNRAN IV de Kovéto dans la préfecture de Vo.

Il faut rappeler que tournée de sensibilisation a suscité des lueurs d’espoir au sein des communautés visitées et elles souhaitent que ces initiatives se répètent pour une jouissance des droits de la femme et le renforcement de la cohésion sociale.  

Anderson AKUE

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